Alors que l’année 2026 approche, le paysage de la transition énergétique mondiale promet d’être marqué par d’importantes contradictions et défis. Bien que les capacités d’énergie renouvelable continuent de croître, des obstacles tels que la saturation des réseaux électriques et une baisse des installations solaires suggèrent un futur complexe. Cet article explore les prévisions pour 2026, mettant en lumière les enjeux cruciaux pour le secteur des énergies renouvelables.
Un ralentissement des installations solaires
Les années précédentes ont vu une croissance record des énergies renouvelables, mais 2026 semble marquer un tournant. Bien que la capacité solaire cumulée soit projetée pour doubler au cours des cinq prochaines années, les ajouts annuels devraient ralentir d’environ 10 % par rapport aux chiffres de 2025. Jusque-là, la Chine, moteur principal de cette dynamique, a déjà atteint des sommets avec plus de 500 GW de capacités ajoutées, mais pour 2026, elle n’ajoutera que 200 GW, un tiers de moins que l’année précédente. Ce ralentissement soulève des questions sur la durabilité de ce boom.
Les installations solaires dans d’autres régions du monde, bien que positives, ne semblent pas suffire à compenser cette baisse. Les analystes-estiment que c’est la première fois que les ajouts de puissance solaire vont se contracter, soulignant la nécessité d’une réévaluation des stratégies de déploiement des panneaux solaires.
Problèmes d’infrastructure et investissements nécessaires
Un des principaux obstacles à la transition énergétique réside dans l’état des réseaux électriques. Un rapport de S&P Global met en évidence l’importance des investissements dans les infrastructures de réseau pour faire face à la demande croissante d’énergie. Actuellement, environ 40 % des réseaux existants dépassent les 40 ans, rendant leur mise à jour urgente. La Commission européenne a estimé qu’un investissement de 584 milliards d’euros est nécessaire d’ici 2030 pour moderniser ces réseaux. En parallèle, les processus de permis prennent souvent trop de temps, ralentissant ainsi le progrès.
Les défis d’infrastructure ne se limitent pas à l’Europe. Aux États-Unis, la demande croissante d’énergie, exacerbée par l’expansion des centres de données, met également sous pression le réseau électrique, rendant encore plus critique la nécessité d’améliorations. La transition énergétique dépend de la capacité des réseaux à s’adapter à des sources d’énergie renouvelables de plus en plus variées.
Les implications de la Phase de transition en Europe
L’année 2026 sera également marquée par la fin de la salderingsregeling aux Pays-Bas, un programme crucial permettant aux propriétaires de panneaux solaires d’être compensés pour l’électricité qu’ils renvoient dans le réseau. La disparition de ce dispositif pourrait provoquer une chute des nouvelles installations, comme le révèlent les prévisions qui évoquent une baisse de 72 % des installations en 2025 par rapport à 2023. Paradoxalement, on observe une montée en flèche des installations de batteries domestiques, indiquant une adaptation vers l’autoconsommation. Cette dynamique montre que le secteur solaire devra s’adapter rapidement pour faire face à ces changements.
La situation néerlandaise est emblématique des défis que cette phase de transition pose au sein de l’Union européenne. Pour la première fois depuis une décennie, de nombreuses nouvelles installations solaires ont connu un déclin. Si l’UE a atteint ses objectifs de capacité solaire de 2025, les problèmes de congestion des réseaux pourraient compromettre l’objectif de 750 GW d’ici 2030.
Une sobre demande de carbone et l’approche des combustibles fossiles
En parallèle, les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour 2026 suggèrent un ample surplus d’approvisionnement en pétrole, atteignant jusqu’à 4 millions de barils par jour. Alors que la demande en électricité – surtout en Chine – continue de croître, la consommation des combustibles fossiles pourrait suivre une trajectoire descendante. Toutefois, certains territoires, comme l’Inde et l’Asie du Sud-Est, pourraient voir leur consommation de charbon augmenter, ce qui complexifie le tableau mondial de la transition énergétique.
La contradiction s’intensifie alors que le monde s’électrifie, nécessitant un équilibre stratégique entre le déploiement de solutions renouvelables et la gestion des énergies fossiles. Pour poursuivre cette transition vers un avenir durable, l’urgence d’investir dans des infrastructures modernes et adaptées ne saurait être sous-estimée.
