La Tunisie se trouve à un tournant critique en matière d’énergie renouvelable, avec un potentiel solaire indéniable qui attend d’être pleinement exploité. La demande croissante en énergie photovoltaïque pousse le pays à développer des infrastructures adaptées pour répondre aux défis de consommation tout en soutenant l’intégration des énergies renouvelables dans son mix énergétique. Cet article explore les différents aspects de cette dynamique émergente.
Un potentiel solaire exceptionnel
La Tunisie bénéficie d’un ensoleillement parmi les plus élevés au monde, avec environ 3 000 heures d’ensoleillement par an. Ce climat favorable permet une production d’énergie solaire qui pourrait jouer un rôle clé dans la transition énergétique du pays. Plusieurs études ont montré que la superficie totale dédiée à l’implantation de panneaux photovoltaïques pourrait générer jusqu’à 10 GW d’énergie.
La mise en œuvre d’un programme national ambitieux pour le développement des énergies renouvelables, en particulier le photovoltaïque, a conduit à des investissements significatifs dans ce secteur. En effet, l’objectif est d’atteindre un pourcentage significatif de 35 % des énergies renouvelables dans le mix énergétique national d’ici 2030, contre 5-6 % actuellement.
Des infrastructures en cours de développement
Pour soutenir cette demande croissante, la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) a lancé plusieurs projets d’amélioration des infrastructures électriques. Ces améliorations comprennent la création d’une dorsale électrique reliant plusieurs régions et l’amélioration des lignes électriques existantes. Les projets visent à renforcer le réseau électrique pour accueillir le volume croissant d’énergie photovoltaïque qui sera généré.
Par exemple, la construction d’une dorsale électrique de 400 kV entre Mornaguia et Tunis a été initiée pour permettre une meilleure distribution de l’énergie. Cela montre que le pays prend des mesures proactives pour s’assurer que le réseau électrique peut supporter cette nouvelle phase d’expansion.
Défis liés à l’intégration des énergies renouvelables
Malgré ces avancées, des défis subsistent. La saturation potentielle du réseau électrique est une préoccupation majeure, surtout avec l’augmentation continue de la demande. La STEG doit assurer une gestion efficace et agile du réseau pour éviter d’éventuelles pannes. Un autre obstacle important concerne le stockage de l’énergie, qui est essentiel pour équilibrer la production et la consommation.
Le développement de stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) est en cours. Ces infrastructures permettront de stocker l’énergie excédentaire produite pendant les périodes de fort ensoleillement, garantissant ainsi un approvisionnement constant même par temps nuageux. Un projet de STEP, d’une capacité d’environ 600 MW, est également planifié pour intégrer les fluctuations de production et de consommation.
Adoption par les ménages et initiatives gouvernementales
Il est essentiel de noter que l’adoption de l’énergie photovoltaïque par les ménages tunisiens reste en hausse. Bien que la majorité de la population soit raccordée au réseau électrique, un nombre croissant de ménages, notamment dans les classes moyennes et supérieures, choisissent d’investir dans des solutions solaires. Cette tendance traduit une prise de conscience croissante des avantages des énergies renouvelables.
Le gouvernement tunisien a annoncé un programme de « smart grid » visant à moderniser le réseau électrique et à faciliter l’intégration de l’énergie solaire distribuée. L’installation de compteurs intelligents, par exemple, permet de mieux gérer la production et la consommation d’énergie, optimisant ainsi le fonctionnement du réseau électrique.