En 2024, le réseau électrique français a frôlé deux situations critiques qui auraient pu entraîner des pannes de grande envergure. Grâce à des interventions stratégiques et à une gestion prompte des ressources, la France a réussi à éviter ces blackouts tout en mettant en évidence les défis liés à l’intégration des énergies renouvelables (ENR) dans le mix électrique. Cet article explore les circonstances de ces incidents ainsi que les mesures mises en place pour garantir la stabilité du réseau.
Les incidents des 1er avril et 23 octobre 2024
Les 1er avril et 23 octobre 2024, la France a connu une chute significative de la production d’électricité provenant des énergies renouvelables. En l’espace de quelques minutes, la production d’électricité solaire et éolienne a plongé de 10 puis 8 gigawatts (GW), équivalant à la production de dix réacteurs nucléaires. Ces fluctuations ont temporairement perturbé l’équilibre de la fréquence électrique, faisant craindre un blackout similaire à celui survenu en Espagne.
Contrairement à la situation en Espagne, où près de 60 % du pays avait été privé d’électricité pendant plusieurs heures, la France a évité de subir des coupures. Cependant, cela a nécessité une activation importante des réserves d’équilibrage pour faire face à la baisse brutale de disponibilité des énergies renouvelables. RTE, le gestionnaire du réseau, a dû mobiliser rapidement des ressources pour rétablir l’équilibre.
La réponse de RTE face à la crise
Pour contrer ces défis, RTE a activé des centrales de secours afin de compenser la perte de production. En l’espace de quelques heures, pas moins de 3 GW de centrales de secours ont dû être mises en service, et le pompage des barrages hydrauliques a été réduit. Ces mesures étaient essentielles pour maintenir la stabilité du réseau électrique en période de crise.
En outre, l’interruption de production des énergies renouvelables a été déclenchée par un *signal de prix négatif* sur le marché de l’électricité. Ainsi, la gestion proactive de la production est devenue impérative pour mieux contrôler les fluctuations du réseau. RTE a d’ores et déjà annoncé des changements nécessaires pour mieux intégrer les ENR dans le système électrique français.
Les nouvelles régulations pour les énergies renouvelables
RTE a prévu de nouvelles régulations visant à contraindre les énergies renouvelables à participer activement à l’équilibrage du réseau. Cela implique que toutes les installations doivent communiquer systématiquement leurs programmations de production afin de mieux ajuster l’offre à la demande. Ces nouvelles exigences entreront en vigueur dès 2026 et permettront de réduire ou d’arrêter la production en cas de prix négatifs.
Parallèlement, il est essentiel que les producteurs d’énergie renouvelable participent à des mécanismes d’ajustement, assurant ainsi une réponse cohérente face aux variations de fréquence. Une telle initiative est vitale pour renforcer la résilience du réseau face à des crises futures et garantir la sécurité énergétique du pays.
Dispositifs de sauvetage en cas de blackout
En cas de blackout, RTE a mis en place deux types de plans pour réagir rapidement : le plan de sauvegarde et le plan de défense. Le premier consiste en des actions manuelles et ciblées pour éviter des pannes massives, tandis que le second est un processus automatique qui isole les zones à risque, prévenant ainsi l’effondrement total du réseau. Ces protocoles sont essentiels pour s’assurer que les centrales nucléaires restent protégées tout au long de la crise, prêtes à redémarrer au plus vite.
De plus, en réactivant en priorité les lignes très haute tension, l’électricité est dirigée vers les infrastructures critiques telles que les hôpitaux et les services d’urgence. Ces mesures garantissent non seulement la continuité du service électrique, mais aussi la sécurité des citoyens en période de crise électrique.
