Entretien exclusif : La SNCF dévoile sa stratégie innovante autour de l’énergie solaire et des contrats d’achat d’électricité (PPA)
La SNCF Énergie ambitionne d’atteindre, d’ici 2028, une part comprise entre 40 % et 50 % d’électricité renouvelable pour alimenter sa traction ferroviaire. Parmi cette énergie renouvelable, 20 % sera acquise par le biais de contrats d’achat d’électricité (PPA). Ce mouvement fait partie d’une stratégie plus large qui a été discutée par Richard Fécamp, le directeur général de SNCF Énergie, lors d’un entretien. Cet article examine la stratégie actuelle de la SNCF en matière d’énergie solaire et ses implications pour l’avenir de la mobilité durable.
Objectifs à Horizon 2028
SNCF Énergie s’est fixé des objectifs ambitieux pour 2028 en matière de production d’électricité renouvelable. Avec une consommation annuelle totale d’environ 5,5 TWh, l’entreprise a déjà sécurisé près de 1,1 TWh/an via des PPA, répartis sur un large portefeuille de 24 projets. La majorité de cette électricité provient de projets photovoltaïques, démontrant un engagement fort envers l’énergie solaire.
Le futur portefeuille de la SNCF est principalement composé d’installations en exploitation. Actuellement, quinze centrales photovoltaïques sont déjà en service, générant près de 620 GWh/an. Un dernier contrat est en cours de signature, et son finalisation marquera la fin de la première phase de la stratégie PPA, garantissant ainsi que la SNCF puisse couvrir environ 20 % de ses besoins en énergie électrique.
Stratégie de Contrats d’Achat d’Électricité (PPA)
En 2025, SNCF Énergie a principalement opté pour des contrats de type brownfield, une stratégie justifiée par les défis rencontrés avec les projets greenfield. Les délais de mise en service, souvent prolongés par des exigences réglementaires, ont conduit l’entreprise à privilégier des installations déjà opérationnelles. Le contrat signé avec Reden est un exemple typique de cette approche, permettant une visibilité immédiate sur la production d’électricité.
Au cours de ces dernières années, comme la SNCF l’a constaté, près de 80 % des projets ont subi des retards significatifs, ce qui a nécessité une réévaluation des stratégies de contractualisation. En conséquence, pour 2025, la SNCF s’est engagée à signer plusieurs PPA brownfield afin de limiter le risque lié aux calendriers de mise en production tout en assurant une transition énergétique fiable.
Gestion de l’Intermittence et Stockage
Une caractéristique notable de SNCF Énergie est son statut de fournisseur d’électricité, lui permettant de gérer efficacement son portefeuille de PPA tout en surveillant l’équilibre de sa production. L’intégration de solutions de stockage n’est pas encore une priorité, car l’entreprise a réussi à internaliser le risque d’intermittence.
Des parcs énergétiques peuvent produire plus ou moins d’électricité que prévu, ce qui offre une certaine flexibilité pour revendre ou acheter de l’électricité sur le marché selon les besoins.
Actuellement, le bilan énergétique de SNCF Énergie est positif, malgré les fluctuations de production. Cela étant dit, l’administration n’exclut pas d’explorer à l’avenir des contrats portant sur des batteries stand-alone, afin de renforcer encore sa position sur le marché de l’énergie renouvelable.
Perspectives pour l’Énergie Renouvelable en France
La stratégie de la SNCF s’inscrit dans une dynamique plus vaste que l’on observe en France et à l’échelle mondiale, où l’énergie renouvelable est un enjeu majeur. Les acteurs du secteur se tournent vers des solutions innovantes pour assurer une transition énergétique efficace. Des plateformes comme ces initiatives démontrent la nécessité de renouveler les infrastructures et d’intégrer des méthodes durables partout sur le territoire.
Des rapports récents, tels que celui de la commission européenne, appellent à une évolution vers des infrastructures à faible émission de carbone. Cela accentue l’exigence de davantage de projets comme ceux menés par SNCF Énergie pour rendre le système énergétique français plus résilient et durable.