La transition énergétique en Tunisie s’accélère avec l’essor de l’énergie solaire, devenant un actif financier majeur. Grâce à des incitations gouvernementales et un fort potentiel en énergie solaire, le pays se tourne vers des projets solaires tant à petite qu’à grande échelle, attirant à la fois des investisseurs locaux et étrangers.
Un marché en pleine expansion
La production d’énergie solaire en Tunisie connaît une véritable explosion, tant sur le plan des installations que des investisseurs. De nombreuses entreprises locales et internationales s’engagent dans des projets photovoltaïques, motivées par les retours sur investissement attractifs et les régulations favorables. Avec environ 300 MW de solaire déjà raccordés, le potentiel est loin d’être épuisé.
Les petites centrales de 1 à 2 MW sont favorisées par un régime d’autorisation simple, permettant aux porteurs de projets de bénéficier rapidement des avantages financiers. En parallèle, les grandes centrales, qui peuvent dépasser les 50 MW, suscitent également un intérêt croissant, notamment en raison des prix très compétitifs offerts par des consortiums étrangers. Ce contexte crée une dynamique favorable à l’essor des énergies renouvelables en Tunisie.
Les avantages financiers du solaire
Investir dans l’énergie solaire en Tunisie présente plusieurs avantages. Premièrement, un projet de centrale solaire de 1 MW nécessite un investissement d’environ 800 000 euros, mais génère une rentabilité de 15 à 16 % sur vingt ans, un chiffre qui dépasse largement celui des placements financiers traditionnels. Cela en fait une option attrayante pour les investisseurs en quête de diversification de leurs actifs.
Deuxièmement, les contrats d’achat d’électricité conclus avec la Société tunisienne d’électricité et de gaz (STEG) assurent une source de revenus stable et prévisible pour les porteurs de projets. Avec des prix d’achat garantis par le gouvernement, les risques financiers associés à ces investissements sont considérablement réduits, incitant les investisseurs à s’engager davantage dans le secteur.
Un potentiel pour l’exportation énergétique
Avec une vision plus large, la Tunisie se positionne comme un potentiel hub pour l’exportation d’énergie vers l’Europe, en particulier avec la production d’hydrogène vert. Ce projet ambitieusement envisagé s’appuie sur l’énergie solaire comme base de production, augmentant ainsi l’attrait des investissements dans les infrastructures solaires. Des experts comme Mohamed Chorfi soulignent que le pays a un fort potentiel pour produire un hydrogène renouvelable à des coûts compétitifs.
Cela ouvre la voie à des collaborations internationales, et l’intérêt croissant pour des projets d’énergies renouvelables attire tout autant de capitaux étrangers que locaux. Les possibilités d’exportation signifient que l’investissement dans l’énergie solaire en Tunisie pourrait non seulement satisfaire les besoins locaux, mais également contribuer à l’approvisionnement de marchés européens à la recherche d’énergies propres.
Les défis du financement
Malgré les nombreux avantages, des défis persistent. Les banques tunisiennes affichent des taux d’intérêt élevés, ce qui complexifie le financement pour les projets solaires. De nombreux porteurs de projets se tournent vers des bailleurs étrangers comme la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, augmentant ainsi la dépendance au financement externe.
Des initiatives locales, comme celle de SAGES Capital, visent à réduire cette dépendance en proposant des financements dédiés aux projets solaires. La volonté de développer le photovoltaïque localement montre qu’il est crucial de renforcer les capacités financières internes pour assurer une transition énergétique pleinement indépendante et durable.
L’autoconsommation en pleine croissance
Un phénomène notable est l’augmentation de l’autoconsommation parmi les particuliers et les petites entreprises. Les toits de nombreux bâtiments sont désormais équipés de panneaux photovoltaïques, répondant ainsi à des besoins énergétiques croissants tout en contribuant à la réduction de l’empreinte carbone.
Cette tendance est particulièrement visible dans les grandes villes comme Tunis, où près de 60 MW de projets sont installés en moyenne tension. Elle est motivée par des exigences écologiques croissantes en provenance du marché européen, ce qui incite les entreprises à investir localement dans des solutions énergétiques durables.