En 2025, l’Union européenne a atteint un jalon significatif en dépassant pour la première fois la production d’électricité solaire et éolienne par rapport aux énergies fossiles, selon le rapport annuel du centre de réflexion Ember. Cette évolution marque un tournant dans la transition énergétique de l’UE, témoignant de l’essor des énergies renouvelables, bien que le continent demeure encore dépendant du gaz importé pour une part de sa production d’électricité.
Une nouvelle ère pour l’électricité en Europe
Les énergies solaire et éolienne ont généré un incroyable 30% de l’électricité produite dans l’UE en 2025, surpassant ainsi les énergies fossiles qui n’ont constitué que 29%. Ce développement est principalement attribué à une augmentation marquée de la production solaire, désormais responsable de 13% de l’électricité totale de l’UE. En parallèle, la part de l’énergie éolienne a observé un léger recul, ayant atteint 16,9% en raison de conditions météorologiques moins favorables. Ce changement indique une avancée significative vers un système énergétique de plus en plus durable.
Ce contexte historique met en lumière l’évolution rapide du paysage énergétique européen. Des pays comme la Suède, le Danemark, et d’autres nations comme la France, le Portugal, et l’Espagne ont déjà franchi ce cap dans les années précédentes. Toutefois, des pays comme l’Italie, la Grèce, et la Pologne continuent de recourir massivement aux combustibles fossiles pour leur production électrique.
Les enjeux de la dépendance énergétique
Malgré les avancées, l’UE est confrontée à une dépendance persistante au gaz importé, qui a contribué à 16,7% de la production d’électricité en 2025. Cette situation engendre des inquiétudes liées au chantage énergétique, dû principalement à l’instabilité politique mondiale et à la dépendance envers des pays exportateurs de combustibles fossiles. Cela soulève des interrogations sur la sécurité énergétique de l’UE, surtout dans un contexte où le gaz russe et les importations américaines jouent un rôle central.
Selon Ember, la nécessité de réduire cette dépendance devient de plus en plus pressante. En effet, l’augmentation de la production d’électricité à partir de gaz, combinée à une baisse de la production hydroélectrique, a conduit à une flambée des prix sur le marché de l’électricité. Cela souligne l’importance d’investir dans les énergies renouvelables produites localement pour éviter de tels risques à l’avenir.
La voie vers une transition énergétique durable
Pour réduire significativement la dépendance au gaz importé, l’UE doit investir dans des systèmes électriques plus robustes. Cela comprend l’exploitation du potentiel des batteries, le renforcement des réseaux électriques, et l’accroissement de la flexibilité de la demande. Ces mesures s’avèrent essentielles pour intégrer davantage l’électricité éolienne et solaire dans le mix énergétique tout en garantissant la stabilité et la prévisibilité des prix.
Ember préconise également d’augmenter les capacités de stockage par batteries. Ce faisant, l’UE pourrait mieux gérer la variabilité des énergies renouvelables. Le renforcement de la flexibilité de la demande permettra en outre de s’adapter aux fluctuations de la production d’électricité, assurant ainsi un approvisionnement continu et fiable.
Les répercussions sur la sécurité énergétique
Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a souligné l’importance de la sécurité énergétique en tant qu’enjeu de sécurité nationale. Les risques liés à cette sécurité se multiplient, en particulier à l’approche d’une transition vers un système énergétique plus durable. Les pays doivent donc collaborer pour renforcer leur résilience face aux menaces potentielles sur le plan énergétique.
Dans ce cadre, la mise en œuvre d’une stratégie d’électrification des secteurs tels que le transport, l’industrie, et le logement devrait permettre de décarboner l’économie tout en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles. Investir dans les énergies propres devient alors une mesure stratégique pour assurer la sécurité énergétique face aux évolutions géopolitiques.