Le budget de la France pour l’année 2026 a suscité de vives réactions de la part des associations environnementales, qui dénoncent des mesures jugées insuffisantes face à l’urgence du changement climatique. Malgré quelques avancées, ces organisations estiment que la fiscalité et les investissements dans les énergies renouvelables reflètent un immobilisme préoccupant, qui pourrait compromettre l’atteinte des objectifs environnementaux nationaux et européens.
Taxation de l’électricité : un désavantage pour la transition énergétique
Actuellement, l’électricité, censée jouer un rôle clé dans la réduction de la dépendance aux énergies fossiles, est plus fortement taxée que le gaz. Cette situation est particulièrement problématique pour la rénovation énergétique des logements, comme l’indiquent plusieurs acteurs du domaine. Les associations soutiennent qu’en poussant à la précarité énergétique, ces choix fiscaux vont à l’encontre des efforts nécessaires pour encourager des rénovations performantes.
Le gouvernement a récemment décidé de ne pas harmoniser la fiscalité de l’électricité avec celle du gaz, malgré les recommandations antérieures. Cela soulève des inquiétudes quant à la volonté politique de soutenir réellement la transition énergétique en France. L’absence de réforme fiscale adéquate limite également le développement des infrastructures nécessaires à un avenir énergétique durable.
Les énergies renouvelables face à des mesures défavorables
Le secteur des énergies renouvelables, en particulier le photovoltaïque, subit des coups durs avec l’augmentation de la fiscalité, comme le doublement du taux de l’Imposition forfaitaire des entreprises de réseaux (Ifer) sur les centrales d’avant 2021. Cela est perçu comme une menace pour la viabilité économique de milliers de centrales qui ont été construites avec un certain modèle financier et des promesses de pérennité. »
Des acteurs comme le Syndicat des énergies renouvelables abondent dans ce sens, affirmant que ces décisions pourraient entraîner une « destruction de valeur » et remettre en cause la confiance des investisseurs dans les engagements de l’État. En conséquence, cela retarde l’atteinte des objectifs de transition écologique, nécessaires pour répondre aux besoins croissants en énergie propre.
Les implications des nouvelles taxes pour la pollution et le plastique
Le budget 2026 prévoit également des amendements concernant la pollution par les PFAS, avec une redevance entrée en vigueur à partir de mars 2026. Bien que cette mesure soit saluée comme un premier pas, certains experts estiment qu’elle reste insuffisante face à l’ampleur du problème de la pollution chimique. Les associations environnementales mettent en avant le manque d’actions immédiates pour remédier à la situation actuelle des eaux polluées, soulignant qu’il est crucial d’agir sans délai plutôt que d’attendre des réformes futures.
Par ailleurs, la question de la taxation du plastique a également été évincée du budget, ce qui suscite de nouvelles critiques. En ne taxant pas à la mesure nécessaire ce matériau polluant, le gouvernement fait preuve d’un laisser-aller inacceptable, selon certains défenseurs de l’environnement. Ils voient dans cette décision un manque de volonté de la part de l’État pour prendre des mesures significatives en matière de protection de l’environnement.
Conséquences d’un immobilisme sur l’environnement en France
Les associations concluent que cet immobilisme généralisé sur la question du budget et de l’environnement pourrait avoir des conséquences graves à long terme. Alors que la France était attendue en tant que leader de la transition écologique, les décisions récentes semblent freiner les efforts nécessaires pour aborder les défis climatiques à venir. Au lieu de cela, des petites réformes sont mises en avant, que certaines organisations qualifient de « économies de bouts de chandelle », souvent sans véritable impact sur le terrain.
Sur plusieurs fronts, il devient impératif pour le gouvernement de faire preuve d’audace afin de rendre la transition écologique vraiment efficace. Faute de quoi, la France pourrait se retrouver non seulement à la traîne par rapport à ses engagements environnementaux, mais également devoir faire face à une dégradation continue de son écosystème, avec toutes les conséquences qui en découlent.